Weekly Outlook
Pour la semaine du 8 mars 2010
par Tiffany Burk – Analyste des marchés européens
La semaine précédente
Données clés sur le marché des changes:
Des quatre grandes banques centrales prenant une décision de taux durant la semaine, la Reserve Bank of Australia a été la seule à relever ses taux d’un quart de point. La BCE, la Bd’A et la Banque du Canada n’ont pas modifié les taux d’intérêt. La BCE a fourni plus de détails sur la façon dont elle compte mettre fin à
ses programmes de prêt d’urgence, mais la Bd’A a décidé de ne pas modifier son
programme d’assouplissement quantitatif. La Banque du Canada continue d’envisager une hausse potentielle de ses taux en juin, mais sa déclaration était aussi plus agressive. Aux É.- U., la plupart des données macroéconomiques ont été supérieures aux prévisions.
Euro:
La BCE a décidé de ne pas modifier ses taux cette semaine, mais M. Trichet a offert
des détails supplémentaires au sujet de la façon dont la banque centrale envisage de mettre fin à ses facilités de crédit d’urgence. Même si la réunion et la conférence de presse associée ont fourni une légère distraction en milieu de semaine, la Grèce a continué d’occuper le devant de la scène et a annoncé de nouvelles mesures d’austérité pour le 3e mois d’affilée. Les détails concernant un programme éventuel de sauvetage par l’UE restent vagues, mais le gouvernement grec a décidé de procéder à une émission d’obligations sur 10 ans qui a été bien reçue et a aidé le pays à mobiliser 5 milliards d’euros. Un regain de confiance a contribué à hisser l’euro à son plus haut niveau depuis 2 semaines face au dollar, tandis que les marchés attendaient l’issue de la réunion de vendredi entre Mme Merkel et M. Papandreou.
Le franc suisse:
La BNS a vu paraître de nouvelles raisons de ne pas intervenir sur les marchés de change cette semaine. Les données sur le PIB du T4 ont nettement excédé les
prévisions, tandis qu’une enquête PMI sur le secteur manufacturier a atteint son plus haut niveau en 2 ans. La composante des prix s’est révélée plus intéressante en atteignant des niveaux que l’on n’avait plus observés depuis août 2008. Au vu des données de la semaine, la BNS pourrait être disposée à améliorer ses prévisions de croissance.
Le dollar US:
L’évolution du dollar durant la semaine était plus imputable à la crise de la dette souveraine en Europe qu’à autre chose, mais il n’en reste pas moins que les données économiques aux É.-U. étaient favorables pour la plupart. Il était intéressant de constater que les ménages avaient eu recours à l’épargne pour financer la hausse des dépenses de consommation, alors même que le moral des consommateurs avait chuté la semaine précédente à un plus bas de 10 mois. Le revenu réel disponible a subi son repli le plus rapide depuis 7 mois, ce qui ne sera pas bon signe pour les prochaines données sur la demande. Les enquêtes ISM ont toutes deux excédé les prévisions du marché, tandis que, pour chacune d’entre elles, la composante de l’emploi était favorable pour les perspectives du marché de l’emploi au printemps. En fin de semaine, l’attention était tout entière sur les
emplois non agricoles. La diminution enregistrée dans le rapport ADP de mercredi sur les emplois du secteur privé était la plus modeste depuis 2 ans. On prévoyait que les effets des conditions météorologiques se feraient ressentir défavorablement sur les créations d’emplois non agricoles publiées vendredi .
Royaume-Uni:
En début de semaine, la livre sterling a brusquement subi des pressions à la vente, qui l’ont précipitée à un plus bas de 10 mois face au dollar et de 3 mois face à
l’euro. Plusieurs facteurs ont causé l’abandon soudain de la livre par les investisseurs : sondages électoraux faisant état de résultats de plus en plus similaires entre les deux partis, montée des inquiétudes concernant la situation budgétaire au R.-U., activités de fusions/acquisitions et nervosité des investisseurs avant la décision de politique monétaire de la Bd’A. La devise britannique a regagné le terrain perdu, grâce à la décision de la banque centrale de ne pas modifier son programme d’assouplissement quantitatif et à la publication de statistiques compensant la mauvaise situation des finances publiques. Une
enquête Nationwide sur le moral des consommateurs est ressortie à son plus haut niveau en 2 ans, tandis que les enquêtes CIPS PMI sur les secteurs manufacturier et des services ont affiché leur plus haut niveau depuis 15 et 3 ans.
Indicateurs clés pour la semaine à venir
Zone euro:
La semaine verra publier un peu plus de données statistiques en zone euro,
mais probablement le résultat ne va pas faire bouger les marchés. Il est probable que le mauvais temps plombera la production industrielle en Allemagne, tandis que les marchés continuent d’accorder la plus grande partie de leur attention à l’évolution de la situation en Grèce. Le pays dispose encore d’une semaine pour mettre en oeuvre des mesures d’austérité avant de se représenter devant la Commission européenne.
Suisse:
Les marchés ne prévoit pas de modification des taux durant la réunion de politique
monétaire de la BNS cette semaine, mais les traders attendent les commentaires de la banque centrale sur sa politique d’intervention sur les marchés de change, commentaires déjà plus modérés lors de la réunion de décembre. La bonne tenue des dernières données économiques pourrait même inciter la banque centrale à revoir en hausse ses projections de croissance et d’informations pour l’année. Le franc pourrait encore gagner du terrain si la banque centrale donne la moindre indication qu’elle accepterait de prendre du recul et d’augmenter la marge accordée aux marchés pour fixer la parité EUR/CHF.
États-Unis:
Les statistiques publiées cette semaine aux É.-U. pourraient ne pas être aussi
optimistes que celles de la semaine dernière. Les ventes au détail devraient se présenter en repli en raison du très mauvais temps qui a affligé la plus grande partie du pays et consigné les consommateurs chez eux. Pas de grand changement prévu depuis le mois dernier au niveau de la balance commerciale et l’attention restera tournée principalement vers l’évolution de la crise de la dette souveraine en zone euro.
Royaume-Uni:
L’évolution de la livre lundi matin sera probablement encore fonction des
sondages électoraux publiés durant le week-end. Les marchés finiront pas s’habituer au fait que les deux partis paraissent de force égale et évolueront en fonction d’autres facteurs. Cela pourrait malheureusement ne pas se produire cette semaine en raison de l’absence de données économiques au calendrier. On peut donc s’attendre à ce que la livre reproduise simplement les fluctuations de la parité EUR/USD.
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