Weekly Outlook
Pour la semaine du 6 février 2012
Par Tiffany Burk. Analyste des Marchés Européens.
Données clés sur le marché des changes :
L’euro a touché des hauts en 6 semaines face au dollar, puis s’est déprécié pour ensuite rebondir en fin de semaine. La semaine était placée sous le signe de la volatilité. La décote de la dette de plusieurs pays de la zone euro vendredi dernier, la faiblesse des données américaines, notamment celles de la croissance du T4, et l’incertitude au sujet du sommet de l’UE du début de semaine ont pesé sur l’appétit pour le risque. Le dollar, devise refuge, en a profité, mais pas longtemps. L’euro s’est refait la main après le succès de l’adjudication italienne, le regain de confiance au sein de la zone euro et l’aboutissement probable des négociations en Grèce. Les chiffres du marché du travail allemand ont touché des hauts records, pendant que le taux de chômage de l’UE est resté à ses hauts en 13 ans, reflétant le contraste entre les différentes économies de la zone. Les difficultés ont commencé après que les données économiques publiées en milieu de semaine aux Etats-Unis aient montré que la reprise pourrait ne pas être viable, entrainant une augmentation des flux en direction des devises refuge telles que le dollar. Les niveaux de l’épargne ont augmenté aux US, mais la confiance a reculé brutalement après la revue à la baisse des prévisions d’emploi, comme l’a confirmé le rapport de l’ADP. Le Bureau du Budget du Congrès a revu à la baisse ses prévisions de croissance. En fin de semaine, les échanges sur les marchés du capital investissement se portaient bien grâce aux banques italiennes. La banque centrale italienne a changé les règles du rachat de dette. Ce changement a été favorable aux fonds propres des banques. De plus, les actions des banques ont été sollicitées par les investisseurs, qui attendent l’injection de liquidités à 3 ans de la BCE pour la fin du mois ; une injection similaire avait eu lieu en décembre l’année dernière. Au Royaume-Uni, les données économiques étaient mitigées. Le Cable a touché des hauts en 2 mois, pendant que le sterling s’est déprécié face à l’euro. Les chiffres de la masse monétaire au Royaume-Uni sont passés dans le rouge pour la première fois depuis 1998, mais la mauvaise nouvelle a vite été compensée par le bond spectaculaire de l’étude PMI du CIPS sur le secteur manufacturier. Les nouvelles commandes ont augmenté, de bon augure pour les chiffres de la croissance, et les coûts de production ont diminué.
CHF
La semaine précédente
Le franc suisse a touché des hauts que l’on n’avait plus vus depuis septembre dernier lorsque la BNS a imposé le taux plancher de 1.20 face à l’euro. On entend de plus en plus que la facilité de prêt à 3 ans de la BCE, qui sera mise en place à la fin du mois, pourrait amener assez de liquidités sur les marchés pour que le taux de 1.20 soit mis à rude épreuve. Néanmoins, les données économiques récemment publiées en Suisse ont montré que l’économie ralentissait. La semaine passée, le KOF a suggéré que l’économie allait rentrer en récession, alors que le secteur manufacturier s’est contracté cette semaine d’après une étude PMI. Les ventes de détail du mois de décembre étaient également faibles et les chiffres des échanges commerciaux ont montré un recul des exportations. La faiblesse des statistiques est largement due à la force du franc. Les données sont un support pour la banque centrale, qui veut s’attaquer aux forces déflationnistes.
Indicateurs clés pour la semaine à venir
Les chiffres de l’inflation et du chômage attendus cette semaine devraient montrer que l’économie s’affaiblie. D’après les statistiques, les prix chutent depuis des mois et les forces déflationnistes se multiplient. La banque centrale va devoir bientôt prendre une décision radicale si elle veut repousser les investisseurs qui essaient de faire exploser le taux de 1.20.
GBP
La semaine précédente
Les données économiques publiées cette semaine étaient mitigées. D’un côté, on a pu voir des signes de ralentissement. Les chiffres des crédits à la consommation sont passés dans le rouge, tout comme la masse monétaire. Une étude sur le prix des maisons a montré que les prix diminuaient toujours. L’expansion observée récemment sur le secteur de la construction ralentie, d’après une étude PMI du CIPS. D’un autre côté, l’étude PMI du CIPS sur le secteur manufacturier a surpris tout le monde, en affichant une augmentation des commandes et un recul des coûts de production. Par ailleurs, une étude sur la confiance du consommateur, a montré que la confiance avait touché un haut en 7 mois. Sur le front politique, Cameron semble être revenu sur ses positions exposées en décembre quant à l’union budgétaire des pays de l’UE. Lors du sommet de cette semaine, il a insisté sur l’intérêt du pays à s’exprimer en faveur d’une union budgétaire. Le Royaume-Uni ne veut toujours pas faire partie du traité, mais les conditions de ce dernier ont été changées pour lui permettre d’adhérer plus tard, s’il le souhaite.
Indicateurs clés pour la semaine à venir
La Banque d’Angleterre tiendra sa réunion de politique monétaire cette semaine. Il est peu probable que la banque centrale devienne plus accommodante en étendant son programme d’incitation quantitative, bien que plusieurs analystes pensent que cette extension aura lieu plus tard au cours du trimestre, lorsque les anciennes mesures de stimuli prendront fin. Les statistiques publiées cette semaine pourraient montrer un rebond surprise du secteur industriel, qui a lourdement chuté le mois dernier à cause des faibles quantités de gaz et de pétrole extraites. Les récents événements européens pourraient stimuler les chiffres des mois à venir.
EUR
La semaine précédente
La semaine dernière, l’euro a dégringolé puis s’est vite refait la main. Cependant, il manquait un réel moteur derrière la reprise, laissant la monnaie unique se cantonner à ses hauts de la semaine passée. Les investisseurs avaient de bonnes raisons pour refaire confiance à l’euro cette semaine. Premièrement, les données économiques ont reflété un relâchement des pressions sur les prix, et l’étude PMI sur le secteur manufacturier a été revue légèrement à la hausse. Les chiffres du sentiment se sont également améliorés. Tout ceci est sûrement dû au succès des adjudications italienne, espagnole, française, portugaise et allemande cette semaine. Les rendements ont diminué, de bon augure pour les pronostics liés à la dette. Cependant, les bons à 10ans de dette portugaise ont atteint un rendement de 17% cette semaine, amenant les investisseurs à penser que le Portugal pourrait être « une Grèce numéro 2 ». Les négociations grecques se sont poursuivies et il est fort probable qu’un arrangement soit trouvé, incluant les investisseurs officiels (OSI), recommandés par le FMI. Quatrièmement, les changements annoncés en Italie, permettant aux banques de stimuler leur Tier 1 de fonds propres, encourageront les emprunts. Cependant, une étude de la BCE sur les prêts a révélé que les conditions de crédit deviennent de plus en plus strictes. Enfin, les investisseurs attendent encore la facilité de prêt sur 3 ans de la BCE qui arrivera à la fin du mois. L’augmentation des liquidités des banques devrait booster les marchés du capital investissement et obligataire ainsi que la confiance.
Indicateurs clés pour la semaine à venir
La BCE tiendra sa réunion de politique monétaire cette semaine. Il y a très peu de chances que la banque centrale abaisse son taux directeur. La plupart des analystes pensent que le prochain ajustement aura lieu en mars. La BCE pourrait adopter un ton plus accommodant, grâce auquel les investisseurs pourraient regagner confiance dans la zone euro et ainsi stimuler l’appétit pour le risque. Les données économiques allemandes seront scrutées par la BCE. Les commandes et la production industrielles ont décliné ces derniers mois et les investisseurs, tout comme les membres du comité, voudront voir si cette tendance stagne ou s’empire. Si les données s’aggravent, alors le taux directeur pourrait être diminué. Les investisseurs s’intéresseront également aux négociations en Grèce.
USD
La semaine précédente
Les statistiques publiées cette semaine aux Etats-Unis n’ont pas permis de confirmer la reprise économique du pays. Le rapport sur l’emploi de l’ADP et l’étude ISM sur le secteur manufacturier n’ont pas été à la hauteur des attentes, mais pas si mauvaises que cela non plus. Les revenus des ménages se sont largement améliorés, mais les dépenses sont restées stables, laissant penser que le niveau de l’épargne a augmenté, ce qui n’est pas très encourageant pour la demande, déjà que la confiance a reculé. La faiblesse des perspectives de l’emploi est à l’origine de la perte de confiance. Une étude sur le prix des maisons a montré une diminution des prix et le CBO (Bureau du Budget du Congrès aux Etats-Unis) a revu à la baisse ses prévisions de croissance pour les deux prochaines années.
Indicateurs clés pour la semaine à venir
Les regards se tourneront principalement vers l’UE et le Royaume-Uni, où les banques centrales respectives tiendront leur réunion de politique monétaire. Par ailleurs, très peu de données économiques sont attendues aux Etats-Unis cette semaine.
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